[P]OSE TA BOMBE / documentaire

[P]OSE TA BOMBE c’est un projet de série documentaire sur les femmes qui évoluent dans le domaine du Street art ou du graffiti en Europe. C’est un moyen de parler de féminisme dans la société, à travers l’analyse de la présence de la femme dans l’espace public.
Nous avons interviewé les deux réalisatrices Elodie Sylvain et Charlotte Ricco.

Teaser »[P]Ose ta bombe »- version courte from Elodie Sylvain on Vimeo.

Comment est né le projet [P]OSE TA BOMBE ?
« [P]OSE TA BOMBE, ça a commencé par le tournage d’un premier épisode au Maroc, en
octobre 2015, qui n’était pas réellement un épisode puisqu’il n’y avait pas d’intention de série. C’était suite à un appel lancé par deux associations pour des sujets de reportages
Méditerranéen. On s’est rendu à Casablanca et à Tanger pour aborder le sujet des femmes dans le Street art.  À partir de ce moment-là, on s’est dit qu’il y avait vraiment quelque chose à faire et à dire sur ce sujet. On a décidé d’en faire une série qui pour le moment est en autoproduction, avec 2 épisodes visibles en ligne et qui ont été diffusé plusieurs fois, au Maroc, en Italie puisque le deuxième épisode est tourné à Rome, à Marseille, hors de Marseille, dans des festivals… »

[P]ose ta bombe from Tabasco Video on Vimeo.

Quels sont vos parcours ?
Elodie : « J’ai fait des études de philosophie mais ça fait 15 ans que je suis dans la vidéo. Avec Charlotte on travaille pour une structure qui s’appelle Tabasco Vidéo à Marseille. C’est un regroupement de réalisateurs audiovisuels qui développe par ailleurs, des projets de vidéo participatives. On a déjà réalisé des vidéos sur le féminisme en Méditerranée, notamment en Egypte et à Naples. »
Charlotte : « J’ai fait un master d’histoire et après j’ai travaillé dans une fondation
international qui s’occupe de projets méditerranéen, en Egypte, avant de revenir à Marseille et de travailler avec Tabasco Vidéo. Je ne viens pas de la vidéo j’apprends petit à petit avec Elodie et avec d’autres membres de Tabasco Vidéo. C’est Elodie qui fait les montages. »

Etes-vous peintres vous-même?

« Aucune de nous deux ne peint pour l’instant. On a allié vidéo et Street art parce que Charlotte s’y intéresse fortement et parce que la question de l’occupation de l’espace public est une question centrale du féminisme. »

Comment trouvez-vous les contacts des artistes dans les différents pays où vous vous rendez?

« C’est un travail de recherche en amont. Comme on l’a dit on ne vient pas du milieu donc on se documente en lisant des articles sur la scène graffiti et Street art. On essaye de trouver les noms des artistes féminines qui occupent l’espace et ensuite on fait une liste des personnes qu’on aimerait rencontrer, ça peut être des associations qui sont le relais vers d’autres artistes. Ensuite on contact directement les personnes pour leur proposer le projet, pour leur dire ce que l’on aimerait faire, savoir si oui et quand elles sont disponibles. On reste sur place en général de façon très courte, une semaine, où on rencontre tous les gens que l’on a contacté. Sur place il y a la magie qui se passe, les gens nous en présentent d’autres et ainsi de suite. Comme ça on rencontre plusieurs personnes, des artistes, des sociologues, des militantes, des hommes graffeurs ou non. »

Dans quels pays vous êtes-vous déjà rendues, en plus du Maroc et de l’Italie ?

« Nous nous sommes rendues à Londres et à Stockholm mais les rushs ne sont pas encore
montés.On est dans une période de diffusion de l’épisode tourné à Rome et l’objectif est de monter un dossier de financement pour le prochain tournage qui sera à Marseille.
Pour l’instant, on a plusieurs tournages que l’on considère comme des repérages en vue d’un projet qui serait plus grand, qui serait une série ou un documentaire avec un focus sur Marseille puisque l’espace de la rue à Marseille est aussi particulier notamment pour les femmes. On cherche une société de production pour soutenir le projet financièrement, qui nous donnera des moyens pour tourner dans de meilleures conditions.»

(P)ose ta bombe-Rome from Tabasco Video on Vimeo.

Quelle distinction faites-vous entre Street Art / Graffiti ?

« Le Street Art englobe toutes les techniques sur mur. Le graffiti c’est le lettrage, ton blaze avec une dimension vandale et illégale mêmes si certaines oeuvres de Street art sont également illégales. Pour les artistes qui nous concernent, notamment les femmes, on est plus face au Street art, avec des oeuvres de commande, avec des institutions.
Il est difficile d’approcher des graffeuses « vandales » puisqu’elles ne veulent pas forcement être filmé. Elle souhaite garder leur anonymat. Les femmes avec lesquelles on a réussi à être en contact sont plutôt des personnes qui ont percé à travers une ou différentes techniques affiliées au mouvement Street art. »

 

Vous pouvez suivre le projet ici > page facebook

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propos recueillis par AGA-C pour Wicked Girls

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